Yaoundé, février 2026. Pendant quatre jours, l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) s’est imposée comme un véritable carrefour du dialogue entre l’Afrique et l’Europe. Chercheurs, enseignants et étudiants s’y sont retrouvés autour d’un enjeu central : penser l’interculturalité à partir de la réalité des femmes. À travers un séminaire international de haut niveau, l’institution confirme son rôle stratégique dans la construction d’un dialogue intellectuel entre les continents.
Un séminaire international au cœur des enjeux contemporains
Du 17 au 20 février 2026, l’UPAC a accueilli un séminaire intitulé « Femmes et interculturalité : perspectives africaines et européennes », réunissant des participants venus d’Afrique et d’Europe, notamment de l’Institut Protestant de Théologie de Paris et de Montpellier.
L’ouverture officielle, assurée par le Révérend Professeur Charles Elom Nnanga, représentant le Recteur de l’UPAC, a d’emblée posé les enjeux. Dans un contexte mondial marqué par les tensions identitaires et les recompositions culturelles, le dialogue entre les cultures apparaît comme une nécessité incontournable.
Le séminaire a ainsi offert un cadre rigoureux de réflexion, où les expériences ont été confrontées et les analyses approfondies, dans le but de produire une pensée capable d’éclairer les défis contemporains.

Femmes, interculturalité et défis des sociétés actuelles
Au cœur des échanges, la question des femmes a occupé une place centrale. Les discussions ont mis en évidence les défis spécifiques auxquels elles sont confrontées, tant dans leur formation théologique que dans leur insertion sociale, en fonction des contextes culturels.
Les communications scientifiques, portées par des experts de divers horizons disciplinaires, ont permis d’explorer ces enjeux en profondeur. Le Dr Anna Van Den Kerchove a ainsi interrogé les dynamiques interculturelles dans le monde antique, tandis que le Dr Jérôme Bord a revisité la place des femmes dans la tradition philosophique.
D’autres interventions ont abordé des thématiques sensibles telles que les mariages mixtes dans la Bible hébraïque ou encore les défis contemporains de l’exégèse biblique. À travers ces analyses, une idée s’est imposée : l’interculturalité ne peut être pensée de manière abstraite, mais doit être appréhendée dans la complexité des réalités vécues.

Une dynamique interculturelle appelée à produire des impacts durables
Au-delà de la richesse des échanges, ce séminaire s’inscrit dans une dynamique plus large portée par une équipe internationale de chercheurs issus de plusieurs continents. Cette diversité constitue le socle même du projet, en donnant corps à une véritable expérience interculturelle.
Soutenu par la CEVAA, le projet dépasse le cadre académique pour viser un impact concret sur les pratiques de formation, les approches théologiques et les dynamiques sociales. La prochaine phase, prévue à Paris à la fin de l’année 2026, sera déterminante pour transformer les réflexions engagées en orientations durables.
Car au terme de ces travaux, une conviction s’impose : il ne suffit plus de penser l’interculturalité. Il faut désormais la traduire en actions concrètes, capables de répondre aux défis d’un monde en quête de dialogue, de justice et de compréhension mutuelle.